Choisir un chiot : mâle ou femelle — dépasser les idées reçues

Lorsqu’une famille vient choisir un chiot, la même question revient presque toujours : faut‑il plutôt un mâle ou une femelle ?
Très souvent, cette interrogation s’accompagne de convictions bien ancrées. Les femelles seraient plus calmes, plus faciles à éduquer. Les mâles, eux, plus bruts, plus dominants, parfois plus compliqués à gérer.
​
Avec l’expérience de l’élevage, une chose apparaît pourtant clairement : la réalité est bien plus nuancée. Le sexe du chiot, à lui seul, ne permet ni de prédire son caractère ni d’anticiper la relation qu’il développera avec sa famille.
Ce qui façonne réellement le caractère d’un chien
​
Un chiot ne naît pas « calme » ou « difficile » parce qu’il est mâle ou femelle. Il arrive au monde avec un bagage génétique, hérité de ses parents, puis il se construit très vite à travers ce qu’il vit. Les premières semaines, la qualité de la socialisation, les stimulations, les contacts humains, puis plus tard l’environnement familial et l’éducation jouent un rôle déterminant.
​
Un chien bien accompagné, compris et respecté dans ses besoins sera presque toujours agréable à vivre, quel que soit son sexe. À l’inverse, un chiot livré à lui‑même ou mal encadré pourra développer des comportements compliqués, qu’il soit mâle ou femelle.
​
Dans des races comme le Border Collie et le Golden Retriever, reconnues pour leur intelligence, leur sensibilité et leur proximité avec l’humain, ces facteurs prennent encore plus d’importance. Ce sont des chiens très attentifs à leur cadre de vie et à la relation qu’on leur propose.
Mâle ou femelle : au‑delà des clichés
​
Il existe bien sûr des différences biologiques entre mâles et femelles, mais elles ne définissent pas une personnalité type.
Une femelle n’est pas nécessairement plus douce ou plus docile. Certaines sont très affirmées, dynamiques, parfois même plus indépendantes que certains mâles. À l’inverse, beaucoup de mâles se montrent extrêmement proches de leur famille, joueurs, attentifs et sensibles.​
Chez le Border Collie, ce qui fera la différence au quotidien sera surtout le niveau d’activité proposé, la stimulation mentale et la qualité de la relation. Un Border Collie, mâle ou femelle, a besoin de comprendre, d’apprendre et de partager.
​
Chez le Golden Retriever, l’équilibre émotionnel, la sociabilité et la douceur dépendent avant tout de la lignée, de la socialisation et de l’éducation. Là encore, le sexe passe largement au second plan.
Chaque chiot est donc avant tout un individu, avec son propre tempérament, sa sensibilité et son rythme.

La question de la stérilisation
​
Le sujet de la stérilisation mérite en revanche d’être anticipé, car il peut avoir un impact concret sur la gestion du chien au quotidien.
​
Un mâle entier peut, selon les individus, marquer davantage son territoire (marquage urinaire), s’intéresser fortement aux femelles en chaleur ou être tenté de fuguer. Ces comportements ne sont pas systématiques, mais ils sont plus fréquents chez les mâles non castrés.
​
Une femelle non stérilisée connaît quant à elle des périodes de chaleurs une à deux fois par an. Cela implique une gestion pratique (pertes de sang, surveillance accrue), attire les mâles et expose à des risques de gestation non désirée. Avec l’âge, certaines pathologies deviennent également plus fréquentes.
​
La stérilisation n’est ni une obligation automatique ni une décision à prendre à la légère : elle se réfléchit au cas par cas, en fonction du chien, de son environnement et du projet de vie de la famille.
En conclusion
​
Choisir un chiot, ce n’est pas choisir un sexe, mais une personnalité compatible avec votre mode de vie. Le rôle de l’éleveur est justement d’observer les chiots, de connaître ses lignées et d’accompagner chaque famille vers le choix le plus juste, loin des idées reçues.
​
Un bon match entre un chiot et sa famille repose avant tout sur la compréhension, l’engagement et la relation qui se construira au fil du temps.
